J’ai grandi dans le basketball en entendant parler de Maxime Mbochi, sans l’avoir jamais vu jouer. Des années plus tard, j’ai eu le privilège de lui remettre la distinction « Légende d’Afrique » lors d’Ewawa Plus 2026. Entre ces deux moments, j’ai compris combien notre mémoire sportive mérite davantage d’attention.
Un nom que je connaissais, mais pas son histoire
Lorsque j’ai commencé à pratiquer le basketball, Maxime Mbochi avait déjà quitté la compétition active. Il poursuivait son engagement dans les structures du basketball congolais, notamment autour de l’Avenir du Rail.
Son nom revenait régulièrement dans les conversations entre passionnés. Pourtant, je ne l’avais jamais vu jouer et je ne connaissais même pas son visage. Je savais qu’il avait compté dans notre basketball, sans réellement mesurer l’importance de son parcours.
C’est progressivement, à travers mes échanges avec d’anciens joueurs et entraîneurs, que j’ai découvert cette histoire. Le coach Désiré Nsouékela fait partie de ceux qui m’ont permis de mieux comprendre son influence. Ces discussions m’ont ouvert les yeux sur une génération de basketteurs dont les contributions restent parfois méconnues.
J’ai alors commencé à m’interroger sur notre manière de transmettre l’histoire sportive. Comment peut-on pratiquer un sport pendant des années sans véritablement connaître les hommes qui l’ont construit ? Pourquoi certains noms traversent-ils les générations, alors que leurs histoires disparaissent progressivement des conversations ?
Comment Maxime Mbochi est devenu notre choix
Lors des préparatifs de la quatrième édition d’Ewawa Plus, nous avons souhaité accorder une place particulière aux légendes du basketball africain. Notre objectif dépassait la reconnaissance des performances réalisées pendant le tournoi. Nous voulions également honorer les personnalités qui avaient contribué au développement de notre discipline.
Nous avons donc décidé de distinguer une grande figure du pays accueillant la compétition. Pour cette édition organisée à Brazzaville, il fallait identifier une personnalité représentative de l’histoire du basketball congolais.
Avant de prendre notre décision, nous avons échangé avec plusieurs anciens joueurs, entraîneurs et acteurs de la discipline. Ces consultations nous semblaient indispensables pour donner du sens à notre démarche. Nous ne voulions pas choisir une personnalité uniquement sur la base de sa notoriété actuelle.
Au fil des discussions, un nom s’est imposé avec une remarquable unanimité : Maxime Mbochi.
Son parcours, ses performances et son engagement après sa carrière de joueur justifiaient cette reconnaissance. Sa contribution à la formation de jeunes talents, notamment Serge Ibaka, constituait également un élément important de son héritage. Son histoire est détaillée dans sa biographie publiée par Ewawa Plus.
Le 9 août 2026, au gymnase Maxime Matsima, j’ai eu le privilège de lui remettre personnellement le trophée « Légende d’Afrique ».
Ce moment avait pour moi une signification particulière. J’honorais un homme dont j’avais longtemps entendu parler sans connaître réellement son histoire. Je mesurais également la responsabilité que nous avions envers les générations qui nous avaient précédés.
Nous connaissons les champions actuels, mais que savons-nous des précédents ?
Cette expérience m’a conduit à réfléchir à une question plus large. Quelle place accordons-nous réellement à notre mémoire sportive au Congo ?
Nous célébrons les victoires, commentons les résultats et partageons les performances des sportifs actuels. Mais nous consacrons beaucoup moins d’attention à ceux qui ont préparé le terrain avant eux. Pourtant, chaque génération bénéficie directement ou indirectement du travail accompli par ses prédécesseurs.
Cette réalité concerne les joueurs, mais également les entraîneurs, les dirigeants et les formateurs. Certains ont consacré plusieurs décennies au développement de leur discipline, souvent sans reconnaissance publique particulière.
Il serait cependant trop facile d’affirmer que toutes nos légendes ont été oubliées. Beaucoup restent profondément respectées dans les milieux sportifs qui les ont connues. Le véritable problème réside plutôt dans la transmission de leur histoire aux nouvelles générations.
Une légende connue uniquement de ses contemporains risque de devenir un nom sans histoire pour ceux qui arrivent après elle.
La responsabilité ne revient donc pas seulement aux fédérations ou aux institutions sportives. Elle concerne également les clubs, les médias, les familles et les passionnés. Nous possédons collectivement des photographies, des témoignages et des archives qui pourraient enrichir notre connaissance du basketball congolais.
Encore faut-il prendre le temps de les réunir et de les partager.
Pourquoi cette reconnaissance fait partie de la mission d’Ewawa Plus
Lorsque nous avons imaginé Ewawa Plus, notre ambition ne se limitait pas à organiser une compétition entre anciens basketteurs. Nous voulions créer un espace permettant aux vétérans de continuer à jouer, de se rencontrer et de transmettre leur expérience.
Nous souhaitions également rapprocher les communautés du basketball à travers les villes et les pays africains. Cette vision associe la compétition, les échanges humains et la reconnaissance des parcours.
La mission d’Ewawa Plus repose notamment sur cette volonté de valoriser les vétérans au-delà de leurs années de compétition.
L’hommage rendu à Maxime Mbochi s’inscrit dans cette démarche. Il rappelle qu’une carrière sportive peut prendre fin sans que l’influence d’un joueur disparaisse. Son expérience peut continuer à servir, notamment auprès des jeunes générations.
À travers nos initiatives, dont Ewawa Kids, nous souhaitons précisément encourager cette transmission. Nous voulons également documenter davantage les parcours des anciens joueurs et des personnalités ayant marqué notre sport.
Cette mission nécessite du temps, des recherches et surtout la contribution de ceux qui possèdent encore des souvenirs.
Et si nous commencions à raconter nos propres histoires ?
Je garde un souvenir particulier de cette remise de trophée. Elle m’a rappelé qu’il reste beaucoup à découvrir sur le basketball congolais et sur ses grandes figures.
Je remercie Maxime Mbochi pour sa contribution à notre sport. Je remercie également les anciens basketteurs et entraîneurs qui continuent de partager leur expérience avec nous. Leurs témoignages permettent de mieux comprendre l’histoire que nous avons héritée.
Nous ne pouvons pas prétendre construire l’avenir de notre basketball sans prendre le temps de connaître ceux qui ont construit son passé.
Mais reconnaître cet héritage ne doit pas se limiter à une cérémonie annuelle. Nous devons aussi multiplier les occasions de raconter, documenter et transmettre les parcours.
À travers Ewawa Plus, nous essayons d’apporter notre contribution à ce travail collectif.
Et vous, quelle autre légende du basketball congolais ou africain mériterait d’être honorée et de voir son histoire racontée ?
Partagez son nom, son parcours ou un souvenir dans les commentaires. Peut-être contribuerons-nous ensemble à faire découvrir une histoire que beaucoup ignorent encore.
No Comment! Be the first one.